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Une petite virée hivernale en Espagne : Salamanca, Burgos, Vitoria Gasteiz, Zaragoza, Calatayud et Merida

17 au 27 janvier 2016 

Notre stratégie de rester à proximité a porté fruit au début janvier, notre camping-car trouve preneur. Nous avons dû remonter en France, à Hendaye, à la frontière basque, pour rencontrer l'acheteur et le faire visiter mais ça en valait la peine puisque la vente fut conclue rapidement. Et cela nous a permis de visiter un peu en chemin le centre de l'Espagne que nous n'avions pas encore vraiment exploré. Malheureusement, le temps est gris, pluvieux et froid, ce qui ralentit nos ardeurs... Nous décidons de ne pas nous arrêter à la capitale, Madrid, nous y ferons plutôt étape au retour en avril, le soleil devrait être davantage présent et nous pourrons l'apprécier à sa juste valeur.

Voici donc les principales étapes de cet aller-retour Portugal-France via l'Espagne, une escapade de      3 000 km, en une dizaine de jours.

La Plaza Mayor, Salamanca

Salamanca, ou Salamanque en français, est une ville de 153 000 habitants de la région de Castilla-et-Leon. Elle est notamment célèbre pour abriter la plus ancienne université encore en activité d'Espagne, créée en 1218. La ville, déclarée au Patrimoine de l'Humanité par l'Unesco, comporte un patrimoine architectural important : deux cathédrales (12e et 18e siècle), la vaste Plaza Mayor de style baroque, ses nombreuses églises, palais et couvents.

La Maison aux 350 coquillages, Salamanca
La maison des coquillages (fin du 15e s.) est notamment étonnante avec sa décoration de 350 coquilles de pétoncles, le symbole de l'ordre de Santiago (St-Jacques).

Le Palais de la Salina, de style renaissance, est lui aussi remarquable par la finesse de son architecture. La ville qui compte aujourd'hui plus de 32 000 étudiants est aussi réputée pour ses célébrations de la Semaine Sainte qui ont d'ailleurs été déclarées «Fête d'intérêt touristique international»!

Cathédrale Santa Maria, Burgos

Burgos, 180 000 habitants, toujours en Castille-et-Leon mais plus au nord, est nichée à 900 m d'altitude. Le mercure affiche 5 C, il tomberait quelques flocons que nous n'en serions pas surpris... C'est vrai que les Pyrénées ne sont pas si loin mais quand même, c'est l'Espagne ici, pas le Québec! Nous ne sommes donc pas surpris que les habitants de Burgos décrivent ainsi leur climat : «Neuf mois d'hiver, trois mois d'enfer»! Qu'importe, on sort les tuques et les gants et nous partons à la découverte de cette ville historique, elle aussi classée par l'Unesco. Située sur la route du pèlerinage de St-Jacques-de-Compostelle, elle comptait au Moyen-Âge 32 hôpitaux pour recevoir les pèlerins. La cathédrale Santa Maria, 3e en taille du pays, est visible de loin avec ses flèches aigües et dentelées.

La «Plaza mayor» est une grande place circulaire typiquement ourlée d'une galerie couverte qui est le lieu de rassemblement et de festivité des habitants de Burgos. En février, toutefois, c'est plus tranquille, on prend le café à l'intérieur...

La Porte Santa Maria, Burgos
Tout comme à Salamanque, palais et églises y sont nombreux. On remarque notamment la Maison du Cordon, 14e siècle, qui arbore toujours sur sa façade le grand cordon franciscain qui lui a donné son nom. Les Rois Catholiques y reçurent Christophe Colomb au retour de son second voyage en Amérique.

Le Pont Ste-Marie qui enjambe la rivière Arlanzon offre quant à lui une belle perspective sur la ville; il mène à la Porte Ste-Marie, une porte des murailles du 16e siècle, qui ressemble à un véritable arc de triomphe. Le Paseo del Espolon est aussi une jolie promenade qui conduit à cette porte.

La staute du Cid, Burgos
Rodrigo Diaz de Vivar, né vers 1043, est toutefois le plus célèbre personnage originaire de Burgos, vous le connaissez sûrement.... Héros du théâtre de Corneille, Rodrigo et son épouse, Chimène, sont des figures légendaires. Au service de la royauté espagnole, il est réputé invaincu dans les multiples combats qu'il a menés. Son tombeau et celui de Chimène sont visibles dans la cathédrale et son épée est conservée au Musée de l'armée. Il n'a pas été célébré au théâtre seulement; on le retrouve en littérature, en musique, au cinéma et même à la télévision! Tout un personnage... vous avez deviné? Un indice... on le surnommait «Le Cid»!

Vitoria-Gasteiz, la Plaza de la Virgen Blanca

À Vitoria-Gasteiz, nous sommes dans la capitale du pays basque. Son double nom l'indique d'ailleurs puisque le nom espagnol de la ville est Vitoria et Gasteiz est son nom basque. Un dicton est souvent utilisé par les Basques pour expliquer le statut de Vitoria comme capitale : la province de Biscaye avec Bilbao était la capitale des affaires avec ses banques et son industrie, San Sebastian avait le tourisme et la vie culturelle, il ne restait rien à la province d'Alava et son chef-lieu Vitoria, on lui laissa donc le siège du gouvernement!

Les «miradores» sur la Plaza de la Virgen Blanca
Le quartier médiéval est, comme il se doit, perché au sommet d'une colline dominant le reste de la ville. La Plaza de la Virgen Blanca y est particulièrement typique. Plusieurs rues y convergent et elle est entourée de maisons arborant de grands «miradores» à carreaux blancs vitrés. La cathédrale Santa Maria est malheureusement en rénovation. Dommage... Ken Follett, auteur des «Des piliers de la terre» l'avait qualifié comme «l'une des trois cathédrales les plus intéressantes du monde»!

Autre particularité architecturale de la ville, «Los Arquillos», les arches. Au 18e siècle, lorsqu'on a voulu relier la vieille ville (haute) et la nouvelle ville (basse), on a imaginé cette suite de bâtiments avec des arches pour compenser l'importante dénivellation entre les deux secteurs. La ville possède aussi bien sûr sa «Casa del cordon» et sa Place d'Espagne.

Zaragoza

À Zaragoza ou Saragosse en français, on se retrouve en Aragon. C'est la 5e ville d'Espagne en population, 785 000 habitants. Autour de l'immense Place du Pilar, en bordure de l'Èbre, se déploie le quartier médiéval. La majestueuse basilique du Pilar y côtoie la cathédrale de La Seo flanquée de la Bourse de commerce (Lonja) et de l'Hôtel de ville.

La  fontaine de l'Hispanité à Zagaroza
Au milieu de la place, s'élèvent deux magnifiques fontaines : l'une, de facture très moderne, rend hommage à l'Hispanité, la Fuente de la Hispanidad alors que l'autre, plus traditionnelle avec ses personnages en bronze, est dédiée au peintre Francisco de Goya, né à Saragosse en 1746. Les ruelles étroites et tortueuses de la vieille ville recèlent de nombreux trésors. Ici et là surgissent des remparts et des ruines romaines, des palais de style mudéjar (maures) et des sculptures contemporaines!

La vue que l'on a depuis le pont romain de pierre qui traverse l'Èbre est tout simplement magnifique. Malgré le temps gris et le froid, on a adoré Zaragoza, un autre endroit où il faudra revenir!

En route, nous nous arrêtons également à Calatayud et Merida.

Les clochers «mudejar» de Calatayud
Calatalayud nous avait été chaudement recommandé par un vieux monsieur espagnol avec qui nous avions discuté en attendant l'autobus à Saragosse. Calatayud s'étend au pied d'un dispositif défensif arabe datant du 9e siècle. On y retrouve les vestiges de cinq châteaux et d'une muraille de quatre kilomètres. Même si le tout est dans un état de ruine assez avancé et présente finalement peu d'intérêt, la balade pour monter aux châteaux nous a permis de faire un bon exercice cardio! Les églises de la ville arborent également le style mudéjar avec leurs clochers en forme de tours élancées rappelant les minarets arabes.

Cathédrale de Merida
Merida quant à elle est un lieu touristique très important qui regroupe de nombreux vestiges romains.

Ayant déjà passablement «donné» dans le dossier des ruines par le passé, avant de reprendre la route, nous préférons nous délier les jambes et marcher à la découverte de cette petite ville par ailleurs fort sympathique.